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Publié par Meteor le 1 novembre 2010
Imaginez pouvoir vous introduire dans l’inconscient d’une personne de votre choix pour pouvoir soutirer n’importe quelles informations. Ou encore mieux, implanter une idée dans l’esprit de votre victime pour modifier ses agissements : la fameuse « inception ».
Cobb (Leonardo DiCaprio), passé maître en la matière, entreprend de réaliser une « inception » avec sa dream-team sur Fischer (Cillian Murphy), héritier de l’empire de son père mourant. Si Cobb parvient à démanteler l’empire du jeune PDG, le puissant Saito (Ken Watanabe), commanditaire de la mission, libérera Cobb de son mandat d’arrêt international pour que ce dernier puisse enfin retrouver sa vie passée.
Cet hold-up du rêve germe depuis 10 longues années dans le conscient du réalisateur de génie Christopher Nolan. Il est assez rare pour le souligner, très peu de réalisateurs écrivent le scénario de leurs propres films. Après Memento et The Dark Night en passant par Le Prestige, et avec un temps de gestation aussi important, on peut s’attendre à un chef d’œuvre les yeux fermés. Mais le rêve devient bien réalité les yeux grands ouverts.

Aux premiers abords le scénario semble complexe et difficile à suivre. Mais si l’on a su réellement s’accrocher, sans être éjecté aux premiers rebondissements, le film se révèle remarquablement limpide. La première partie du film se révèle d’ailleurs être un didacticiel de la logique du rêve imaginé par Christopher Nolan. Mais le rythme soutenu, les scènes entremêlées et imbriquées à plusieurs niveaux demandent de la concentration à chaque instant pour apprécier toute la richesse du film.
Les rêves semblent vrais tant qu'on est dedans, ce n'est qu'au réveil qu'on remarque ce qu'ils avaient d'étrange.
Richesse qui passe avant tout par ses protagonistes et le jeu brillant des acteurs. Christopher Nolan sait mettre en valeur ses personnages et livre une nouvelle fois un casting qui laisse rêveur. Leonardo DiCaprio en chef de file est à l’apogée de son art et éclabousse l’écran de son talent. Dans la continuité d’un Revolutionary Road ou encore d’un Shutter Island, il mêle à la fois retenue et intensité. Il partage l’affiche avec Marion Cotillard, la plus hollywoodienne des françaises qui tient parfaitement son rang et n'a rien à envier à aucune starlette américaine. Le surprenant Cillian Murphy — que nous aimons beaucoup au sein de la rédaction dans 28 Days Later et Sunshine — et la jeune surdouée Ellen Page, qui va voir sa cote exploser dans les années à venir, viennent compléter le tableau. Si certains acteurs n’auront jamais le plaisir de jouer ensemble à l’écran, force est de constater que le duo DiCaprio/Cotillard fait des merveilles.
Le film n’est pas seulement cérébral et laisse part à l’émotion au travers de la relation qui anime ces deux personnages. Véritable fil rouge de l’histoire, les sentiments qui en résultent sont tortueux et profonds, sans jamais être écrasés par l’action.

Inception mélange les genres, Christopher Nolan est d'ailleurs le premier à avouer que son film est à la croisée des chemins entre un Matrix et un James Bond. Mais le plus fort reste de surclasser ces classiques dans un même film. Contrairement à un Matrix, Inception compte beaucoup moins d’effets spéciaux (400 au total alors qu’un blockbuster de cette durée en compte au moins 2 fois plus), même pour des scènes parfois très complexes. Christopher Nolan préfère utiliser des artifices et des ruses très ingénieuses à la vue du résultat final, ce qui confère au film un aspect plus naturel et réel.

Certains décors rappelleront assurément James Bond et Batman Begins, tout comme la mise en scène empruntée à ces films d’action. Car Inception c’est aussi de l’action, des explosions à foison et la plus longue chute d’un van au cinéma. Perfectionniste, Nolan a cherché l’originalité dans chacun des ses plans, dans ses angles de caméras qui n’envient rien à la nouvelle mode de la 3D. Le rythme soutenu et le montage dynamique rendent la très longue scène finale de plus d’une demi-heure haletante et physique. La tension est palpable et à chaque fois portée et renforcée par une bande son magistrale signée Hans Zimmer qui vous prend réellement aux tripes.
Le rêve est bien réalité, Inception a de quoi faire cauchemarder la concurrence par sa qualité. La croisée d’un réalisateur au sommet de son « art » et d’acteurs très inspirés subliment un scénario très travaillé. On prend un réel plaisir à voir évoluer les acteurs entre rêve et réalité.
La claque visuelle en prime, Inception fait parti de ces films qui méritent d’être vu au moins une seconde fois. Car le réel tour de force de Nolan, c'est de ne pas fermer son film mais de laisser une place importante à l’interprétation et à l'imagination...
S'il est difficile de nier les qualités évidentes du film et la maestria de la mise en scène de Nolan, le plaçant parmi les valeurs sûres de cette année 2010, on ne pourra s'empêcher de se dire que l'histoire manque de folie.
On était en droit de s'attendre à un déroulement excessivement complexe, le sujet même des rêves seyait à merveille à un scénario tortueux et baroque. Malheureusement, le film se retrouve trop balisé, blockbuster oblige, et désarmoce bien souvent les rares moments d'incompréhension et dédaléens propres aux rêves, guidé par une Ariadne didactique au point d'en être parfois frustrante. Et les espoirs qui pouvaient naître en nous lors du génial passage à Paris s'étiolent alors que les environnements des songes se font trop conventionnels.
Alors oui, le film traîne avec lui cette déception, cette impression de ne pas aller assez loin mais il n'en est pas moins une grande réussite, Nolan démontrant à nouveau son talent, qui ne s'est jamais démenti, soutenu par un casting de rêve (elle était facile), Leonardo DiCaprio en tête, et un univers si particulier.
Pas un chef-d'œuvre mais un grand film à n'en pas douter.
Quitte à passer pour un original, autant y aller franchement : Inception est une merveille, un grand moment de cinéma. Dévoilé au monde en Juillet 2010 et déjà cultissime, le film de Nolan mérite amplement sa quatrième place (à l’heure où ces lignes sont déposées) dans le Top 250 IMDb. Tout — ou presque — a déjà été écrit à propos de ce coup de maître. Et l’on ne compte plus le nombre de fleurs qui jonchent le sol derrière son passage. Je décide donc pour cette fois de me faire avocat du diable.
Ironie du sort, c’est une réalité. Beaucoup de spectateurs auront malheureusement vu Inception comme une œuvre de science-fiction pure. Divertissante certes, mais imaginaire et totalement illusoire. Apporter des bribes de conscience dans les rêves ? Quelle idée saugrenue. Pourtant — et certains d’entre nous le savent bien, Nolan le premier — ceux-là seront passés totalement à côté de l’un des thèmes majeurs du film : celui des rêves lucides.
Car si l’omniprésence de ce thème dans le film confère à Inception tout son génie, elle traîne dans ses filets son lot d’incohérences.
Christopher, tout d’abord, comme l’écrit S. Dis Pater, pourquoi être resté si sage et ne pas avoir davantage exploité les possibilités offertes par cette activité ô combien palpitante (chemins de traverses, contrôle avancé du « réel », etc.) ?
Christopher, ensuite, pourquoi ne pas avoir donné plus de poids au personnage de la ravissante Ariadne (Ellen Page) ? Pourquoi après nous avoir aguichés et littéralement scotchés aux sièges pendant toute la première partie du film en mettant en avant sa capacité exceptionnelle à modeler les rêves selon ses désirs as-tu tout simplement relayé son rôle au fond du troisième plan dans la seconde partie ? Tous les rêveurs lucides cinéphiles savent que dans le monde onirique, l’aptitude rare d’Ariadne relève du pouvoir divin.
Si tous reconnaissent ton éclat, tous te demandent en chœur : pourquoi ?!
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