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Publié par Meteor le 25 octobre 2010
Paris. 2054. La ravissante Ilona, jeune chercheuse en génétique, est kidnappée à la sortie d’une boîte de nuit. Son employeur, la corporation cybernétique Avalon, fait pression sur Karas, un policier controversé et spécialiste des affaires d’enlèvement, pour la retrouver. Elle détiendrait l’avenir du genre humain, Karas n'est pas seul sur ces traces... Renaissance s’annonce comme une production originale, novatrice et ambitieuse. Simple prouesse technique ou nouveau classique de la science-fiction « Made in France » ?
Renaissance n’est pas né sans souffrances, la gestation a été longue avec pas moins de huit années de développement. Tout commence en 1998 quand Christian Vlockman rencontre le producteur Aton Soumache pour s’associer et créer la société de production Onyx. Une année plus tard, le court métrage Maaz, avec Christian Vlockman à la réalisation, est nominé aux Oscars. L’idée même de Renaissance est envisagée — au détour du festival Imagina 98 — lorsque Christian Vlockman entrevoit le travail prometteur de Marc Miance alliant capture de mouvement et rendu monochromatique. Sous le charme, le français a la folie des grandeurs : il veut réaliser un film avec cette technologie, pourtant encore à ses débuts, mais qui s’annonce prometteuse.

Renaissance peint un univers cyber-punk qui ne manque pas d’audace. Le film arbore un graphisme bien tranché sans demi-mesure. Oubliez le rendu photo réaliste d’un Final Fantasy : The Spirits Within, Renaissance est unique en son genre et marque le cinéma d’animation de ses lignes très stylistiques noires et blanches. Le rendu s'approche de l’esthétique des bandes dessinées noires et blanches, un pari risqué pouvant rebuter le grand public plutôt frileux à cet égard.

Les doutes sont rapidement évincés et le constat est sans appel : Renaissance force le respect et frise la perfection, si bien qu’il rend Sin City presque pâle. Le parti pris est tellement original que ni The Polar Express ou Sin City, deux rouleaux compresseurs américains sortis au cours de la phase de développement du film, n’ont pu le faire vaciller. Et heureusement, parce que le détour dans ce Paris métamorphosé vaut le détour. Le spectateur pourra même se projeter facilement dans la ville cybernétique aux détours de lieux bien connus comme le métro de Paris, le Sacré Cœur, la Tour Eiffel ou encore Notre-Dame.

Les détails fourmillent grâce à une profondeur de champ impressionnante et un contraste poussé à son paroxysme. L’architecture tient parfois du génie sans tomber dans la démesure.
Si la technique est à la hauteur des ambitions du film, le scénario, pourtant travaillé pendant plusieurs années, n’arrive pas réellement à décoller. L’histoire est parfaitement rodée mais tombe dans un classicisme qui gâche le potentiel de Renaissance.
Parce que sans la mort, la vie n’a pas de sens
Les protagonistes auraient mérité plus de profondeur, Karas le premier. Ses motivations réelles ne sont qu’effleurées et sans cesse hachées par un rythme qui ne laisse pas de place à la méditation et à la réflexion, comme sait si bien le faire l’incontournable Ghost In The Shell.

Le scénario paraît pour le coup bien plus conventionnel en comparaison à la réalisation de haute voltige. La mise en scène manque de brio et de contraste, l'enchaînement rapide des faits rendant le film presque poussif.
Renaissance n’est pas une révolution mais a le mérite de s’afficher comme une prouesse technique sans égale. Cependant cette beauté apparente se révèle vide de sens jusqu’à rendre le film fade et sans personnalité. Tout comme ses personnages, il manque une âme à Renaissance pour transcender le genre et être à la hauteur de ses ambitions.
Renaissance est beau. Meteor est d’accord. Renaissance est même sombrement beau. Mais Renaissance est surtout plombé par sa bande originale totalement insignifiante ainsi que par son scénario convenu, qui trouve péniblement sa voie entre polar, science-fiction et action. En douze mots comme en cent, le film de Volckman est tout bonnement plat et farci de défauts.
Pourtant, mettre pied à terre à l’issue de ce premier paragraphe, c’est faire bien vite l’impasse sur un sentiment puissant. Celui d'avoir sous les yeux une œuvre humaine, attachante, travaillée, et animée avec passion. Car c’est bien tout cela qu’on retiendra au final de ce film d’animation perfectible.
Renaissance siège à la table de ces films qui se bonifient avec le temps, n’en doutons pas. Ne soyons donc pas trop âpre à la critique. Attendons quelques années… Disons… Jusqu’en 2054 ?
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Le classement complet des films visionnés dans La Salle Sans Nom.
Old BoyRis, tout le monde rira avec toi. Pleure, tu seras le seul à pleurer...
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